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De cet auteur: Photo baroudeur

Kun Khmer l'origine du Muay Thaï

Interview avec un spécialiste de la boxe khmer

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Boxe Khmer l'origine du Muay Thaï ?

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Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

Tout le monde connait le Muay thaï popularisé ces deux dernières décennies en occident. Peu de personne en revanche ont écho du fait que le Muay Thaï a largement puisé dans les sources martiales du royaume Khmer. En effet l'armée de Siam lors de ses incursions dans le royaume Khmer a su enrichir ses techniques de combat rapproché auprès des soldats Khmers plus abouties, ce qui contribua a l'essor de la boxe thaïlandaise dotant ainsi ses soldats de techniques de combat complètes au corps à corps. A l'apogée de la civilisation Angkorienne, Siam (Thaïlande) était partie intégrante du royaume khmer. Des fresques sur les temples d'Angkor laisse penser que la civilisation Angkorienne avait mise au point des techniques de boxe antérieures au Muay Thai tel que nous le connaissons sous sa forme actuelle (XVI siècle)...le Kun Khmer ou boxe Khmer.

Au delà des discussions de légitimité et de primauté de l'une sur l'autre et malgré les hésitations historiques et les manques d'éléments archéologiques on peut avancer que l'une n'existerait pas sans l'autre. D'une certaine manière on peut avancer que le Muay Thaï a reformalisé l'aspect guerrier et militaire. Mais c'est un fait, la Boxe thaï ne serait pas ce qu'elle est sous sa forme actuelle si le Pradal Serey ou Kun Khmer ne l'avait précédé.

Nous avons demandé à plusieurs acteurs de la boxe Khmer au Cambodge de bien vouloir nous éclairer sur cette discipline et son etat de santé.Pierre responsable du centre de fitness et de boxe asiatique de Sihanoukville au royaume du Cambodge se livre sur cette boxe méconnue du grand public. 35 ans de pratiques dans les arts martiaux. Il s'est gentiment livré à mes questions.

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Quel est ton parcourt ?

Pierre : originaire de basse Normandie, pour des raisons familiales j'ai vécu en chine en 1968 et c'est précisément la bas que se déroule une part importante de mon enfance. Ce qui peut être apparenté à un conte asiatique rejoint la réalité, je fut introduit au Kung Fu par les moines d'obédience tao. J'ai donc baigné dedans des que je fus en âge d'accomplir mes premiers pas si j'ose dire. De retour en basse Normandie à 11 ans je complète mes techniques avec le karaté, le judo mais aussi l'aïkido. A l'âge de 20 ans je m'éprend du Muay Thaï. A cette époque cette discipline en est à ses balbutiements en France et la reconnaissance qui arrivera avec des champions comme Dida Diafra suivra des années plus tard.

Devant mes prédispositions pour les arts martiaux, le maire de ma ville (Bernard cazeneuve) et Philippe Poulain me propose d'intervenir dans les écoles et dans les Zep (Zone d'Education Prioritaire). Je participe aussi à la creation d'un Samu Social sur la commune urbain de Cherbourg Octeville. Finalement mon désir d'Asie est plus fort et je pars pour une autre vie la bas. D'abord j'ouvre un centre sociale orienté sur l'enfance au nord de la Thaïlande à Chiang Mai (Prévention, éducation, loisir). Par la suite une rencontre fortuite avec un général de l'armée Thailandaise m'amène à être instructeur en préparation physique auprès de ses soldats. Je me perfectionne en Muay Thaï pendant des années tout en enseignant avant pour des raisons personnelles de migrer au Cambodge et d'atterrir à Sihanoukville ou je suis installé depuis 2005. J'y ai rencontré ma femme et nous avons fondé ensemble le premier centre de fitness et de boxe asiatique. Aujourd'hui (2012) je suis âgé de 43 ans et j'aimerais bien que les choses évoluent dans le bon sens dans mon pays d'accueil.

Motivations et Intentions

Pierre : l'idée est de redonner au peuple Khmer sa culture et de ressusciter l'engouement autour de leur boxe intégrante à leur identité. Le caractère sacré du combat a été perverti par la société de consommation et le modèle économique actuel. Les Khmers n'ont plus connaissance de la signification des rites gravitant autour de la boxe et du ring pour les raisons historiques que l'on connaît. (les guerres) Les khmers viennent à ma salle, et les touristes nombreux au cours permettent de maintenir une certaine rentabilité, sinon ce serait difficile de joindre les deux bouts étant donné le peu de moyen dont nous disposons.

Quel est l'éthique de la boxe Khmer et les valeurs que tu défends ?

Pierre : les mêmes que tout combattant qui se respecte : respect, discipline, honneur, courage, abnégation, loyauté, sacrifice. (Le combattant boxeur au moyen âge donnait sa vie pour le seigneur). Les boxeurs au Cambodge sont sacrifiés, mais plus pour des seigneurs et pas pour une cause noble mais pour celle de l'argent roi, et pour des mafias qui contrôlent tout cela. Les boxeurs sont de la chair à canon.

Moi : très bien Pierre, maintenant rentrons dans le vif du sujet.

La boxe Khmer c'est quoi ? Quand s'est t'elle développée et sous quelles influences ?

Pierre : la boxe Khmer ici porte un terme bien précis le Pradal Serey. Le Pradal Serey ou Kun Khmer vient du kun daï , littéralement « art du combat à mains nues » en langue khmère, discipline militaire de corps à corps, en usage dans les armées de l'empire khmer au IXe siècle. Elle même prend sa source dans sa version ancienne le Bokator, qui date du III siècle. Le Bokator est apparenté au Kung-fu, il s'inspire des animaux provenant de la culture Chinoise. Comme tu l'a très bien dit dans ton introduction, les Thaïlandais sont aller puiser directement à la source lors de leur incursions en s'inspirant des techniques martiales du royaume Khmer. La boxe Khmer propose le style le plus radicale et épurée des boxes asiatique, puisque sa fonction première était de casser l'adversaire très rapidement. On visait donc à s'attaquer aux points sensibles, comme les articulations et les endroits vitaux. Pour les influences culturelles, l'Inde et la Chine, influence notable sur le royaume Khmer au carrefour de ces deux civilisations. Les Khmers eux même ont bien du mal à situer précisément l'origine, par rapport à leur histoire, et notamment la période Khmer rouge qui a effacé pas mal de données.

Historiquement le ring prend le relai du champs de bataille (comme les joutes), lors de conflit en voie les meilleurs guerriers (bouddhiste) s'affronter dans un combat à mort. À l'issu le combattant victorieux donnait raison à son maître. Ram Muay (en Thaïlande), vérifié le terrain, s'échauffer, montrer de quelle école on venait.

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Son apogée ?

Pierre : l'apogée du Kun Khmer suit l'avènement du royaume d'Angkor, au moment ou celui ci se libère du joug Javanais après le 8e siècle. Des plaines nord-est de la Birmanie au sud-ouest du Vietnam, l'ordre et la civilisation khmers rayonnent. Les traces archéologiques d'une pratique systématique et codifiée de la boxe khmère sont inscrites dans la pierre.

Quel est l'état de santé de ce sport au Cambodge et ailleurs ?

Pierre : c'est une catastrophe mais puisqu'il faut nuancer, nous dirons que ce sport est en reconstruction. La boxe reflète ce pays. Le Cambodge est un pays qui se cherche. La société de consommation a perverti leur culture et le sens originel des choses, initialement le ring est un endroit sacré comme expliqué plus haut.

Quelle avenir pour la boxe Khmer ?

Pierre : pour le moment, je dirais Sombre. La mafia gère la chose. Tout est verouillé, négocier un combat, passer de la musique, etc...Et donc au niveau international ça ne suit pas non plus. Ils n'ont pas de condition physique. Cela se voit d'autant plus quand on fait la comparaison avec le pays voisin, la Thaïlande, ou les boxeurs bénéficient d'une solide préparation physique.

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La boxe Khmer souffre d'un manque de reconnaissance, pourquoi ?

Pierre : la corruption, le pouvoir et le pognon passe sur l'ethique. Les boxeurs au Cambodge ne sont qu'un outil pour faire du pognon. Pas de respect du boxeur. Les boxeurs n'ont pas une bonne hygiène de vie et à titre de comparaison ils ne tiennent pas longtemps face à des thaïs, aggueris et affûtés. Ça m'embête de dire cela mais il faut bien reconnaître le manque de niveau.

N'y a t-il personne pour relever le niveau au Cambodge ?

Pierre : si ils existes, ce sont les gardes du corps du ministère de l'intérieur. C'est l'élite. Ils s'entraînent en Thaïlande. Cherche l'erreur...

Que faut il faire pour la populariser de nouveau, la faire connaître et la diffuser ?

Pierre : un travail de fond et honnêtement tout reprendre à zéro. Localement un travail local consistant à former durablement de vrais profs de sport qualifiés et sains, avec des connaissances historiques, culturelles, pratiques, physiques et physiologiques. Un centre de formation pédagogique. Prendre exemple sur son voisin la Thailande ou la boxe est un vrai métier et une caste, que dis-je une institution ! Il est essentiel de rappeler les fondamentaux du bouddhisme qui est le ciment culturel de ce sport, et que la propagande des Khmers rouges a fait disparaître. La boxe est un vrai métier et doit le revenir au Cambodge comme elle l'est en Thailande.

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La culture et tradition doivent reprendre le pas face à la société de consommation. Ce rapport à l'argent est biaisé. L'argent oui, évidement c'est un moyen, mais cela ne doit pas être une fin en soit.

Sur le plan international la boxe Khmer apparait comme hyper marginale. Pourtant au Cambodge il y a un ancien champion assez charismatique et populaire, Eh Phuthong, une sorte de vitrine vivante du Kun khmer. Depuis des années il faut de l'éducation et essaie de transmettre ses valeurs à la jeunesse. La tâche est ardue.

Selon toi quel est le problème du Cambodge ?

Pierre : sa corruption, et derrière un manque cruel d'informations, et donc de formation et d'éducation. Cette espèce de lavage de cerveau sur l'époque Khmer et ses conséquences. Le pays doit assumer son histoire s'il veut retrouver une nouvelle respiration, mais tant que les anciennes élites seront là, les choses seront tabous.

Moi : merci infiniment de t'être livré à toutes ces questions. Bonne chance dans tes entreprises et puisse la sagesse des guerriers être de ton côté.

Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

Posté par Photo baroudeur 08:43 Archivé dans Cambodge Tagué cambodia asia thai photographer sihanoukville muay asie cambodge prostitution ostro upp freelens ostro_n.quentin ostro_quentin photo_report photoreport travelling_around_the_world www.ostroquentin.com/reportage/ boxe kun_khmer bokator Commentaires (0)

Faire des photos en Asie

conseils d'un photo reporter au plus grand nombre.

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Faire des photo en Asie

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Authenticité et scènes vivantes

L'Asie regorge de scènes vivantes faisant le bonheur de tout photographe. Mais devant l'affluence d'un tourisme de masse, il est préférable de sortir des sentiers battus, et c'est cela aussi voyager en Asie, tracer soit même son sillon. L'occasion de rencontres intenses avec des gens dont la vie est réglée sur les rythmes naturels et des traditions séculaires. Loin donc de l'agitation des mégalopoles tel que Bangkok, Bejing, Phom Phen, Singapour etc, etc...évidement sortir des sentiers battus nécessitent des efforts et quelques prises de risques, mais cela s'appelle vivre sa vie. Renseignez vous bien auprès des populations et des autres voyageurs afin de connaître les risques innerants aux endroits ou vous vous rendez (Accident de la route, malaria, parasitoses, mafia, etc...). Buvez de l'eau en bouteille ou rajouter des pastilles désinfectantes si vous avez un doute. Nourrissez vous comme les locaux, protégez vous des piqûres d'insectes (une lotion pour la peau, une pour les vêtements et une moustiquaire pour dormir) et n'oubliez pas qu'il y a toujours des moustiques kamikazes prêt à tenter le diable pour boire votre sang de "falang" (occidentaux en Thaïlande). Respecter les gens et ne vous croyez pas en terrain conquis. Soyez très prudent sur les routes. Protegez vous quand vous fetes l'amour aux déesses birmanes (préservatif et porte monnaie). Ces 6 préceptes permettent de minimiser au maximum les risques encourue en Asie.
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Il ne faut pas hésiter à investir dans un sac étanche, car les déluges sont fréquents surtout en période de mousson et particulièrement dans les heures intéressantes de la journée (matin et fin d'après midi). Personnellement je conseille un sac ventral qui permet de dégainer rapidement son appareil et de la ranger tout aussi rapidement. La discrétion est toujours l'atout du photographe.

Un bonne indicateur de l'autenticité des choses est l'attitude des enfants lors de la prise de vue. S'ils tendant la main pour quémander des ronds, alors vous avez la preuve que vous êtes au mauvais endroit, le tourisme a déjà pourri les lieux...allez vous en !

Faible cout des reportages

La Thaïlande ou l'Inde semble deux bonnes destinations pour commencer à photographier l'Asie. L'Inde dont la pauvreté est retentissante, présente des gammes de couleurs très larges et des scènes variées. Attention certain Sadhou n'acceptent pas qu'on les prennent en photo. Renseignez vous avant si vous n'êtes pas sur au risque d'avoir des ennuis. L'hygiène en Inde est précaire contrairement à la Thaïlande qui est idéale à tout point de vue. Bien sur L'Inde est le pays bon marché pour produire des reportages photos.
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Il y a à mon sens deux types de photos à faire en Asie : la photo urbaine et la photo rurale. Deux facettes complètementaires. Disons que la photo urbaine n'est pas très "vendeuse" mais elle a le mérite de voir l'impacte de la mondialisation sur les populations des villes et l'occidentalisation de ses dernières. Cela permet de mieux comprendre le fonctionnement des societés et ses travers. La photo rurale présente les thèmes les plus traditionnelles car les gens résistent mieux à l'occidentalisation et conservent plus longtemps leur culture. Vous aurez donc la chance de pouvoir approcher déjà gens authentiques à la vie rude mais simple, étant capable de se débrouiller seul et de se contenter de peu, loin des artifices des villes donc. Vous assisterez à des scènes de vie traditionnelles selon les us et coutumes locales. Travail agraire, déroulements des marchés, naissance, crémation, mariage, sacrifices et donations religieuses, fetes de village, etc...bref tout ce qui a disparu en occident au profit d'un multiculturalisme uniformisant et aliénant.

Immersion

Pour se faire le meilleur gage de réussite d'un reportage photo est de pratiquer l'immersion. C'est à dire se fondre parmi les gens, en respectant leur culture, en vivant au plus proche d'eux et en adoptant leur mode de vie (déplacement, nourriture, vêtement, etc...). Le sourire avant tout, la base de la communication en Asie. N'hésitez pas à demeurer qq temps dans un endroit qui vous plaît afin que les gens apprennent à vous connaître et nouer ensuite un dialogue et ce malgré la barrière de la langue. Notez des que vous pouvez sur un carnet quelques mots courants et formules de politesse cela montre que vous essayez de vous intégrer et que vous avez de bonnes intention. N'hésitez pas non plus à aider quand vous en avez la possibilité. Se peut être donné un peu d'argent, donner des antibiotiques, apporter de la nourriture ou aider à des travaux manuels. Les gens n'en seront que plus reconnaissant et ils vous ouvriront d'autant plus leur cœur.

Les scènes les plus intéressantes à mon sens reste évidement les sujets de modes de vie traditionnelles, d'autant plus en déclin que l'occidentalisation et le tourisme progresse. Ne vous comportez donc pas en touriste mais...en voyageur ! Le voyageur est comme un pèlerin, il porte en lui une quête plus profonde et favorise l'échange entre les peuples. Il observe et apprend en silence.
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Choisir son "camps de base"

Personnellement je conseille d'avoir un "camp de base" ou vous aurez nouez des relations par vos venues successives. Vous devez vous y sentir bien. Connaître des gens de confiance. Pour ma part j'ai choisi la Thaïlande et un endroit "malfamé" d'après les médias occidentaux... ou je me sens bien...Pattaya. C'est une affaire de "feeling". C'est cela la magie de l'Asie une affaire de feeling !

Mes destinations favorites sont celle où le tourisme n'est pas encore développé. Citons la Birmanie, la Malaisie, les philippines, Sumatra, le cambodge, le Laos, la mongolie et la chine rurale. Le littoral Thaïlandais et l'arrière pays sont intéressants aussi.

Monter son réseau

Rencontrer un maximum de professionnels expatriés et montrer votre travail. Journalistes, photographes, humanitaires. Nouez des contacts avec les journaux expatriés (Le petit journal, Gavroche magazine, etc...) et contactez des agences pour montrer votre travail.

Choisissez des thèmes originaux

Si vous souhaitez faire les photos d'Angkor Wat, n'oubliez pas que cela a été fait des milliers de fois. Ce qui intéresse les agences et les magazines sont des reportages qui sortent de l'ordinaire. Ou alors des thèmes traités de manière nouvelle, avec un regard neuf. Pensez y. Sortez donc encore et toujours des sentiers battus on ne le dira jamais assez, et n'hésitez pas à glaner des informations auprès des locaux afin de trouver des endroits originaux avec des histoires originales. Car vous êtes là pour rencontrer des histoires en image. N'hésitez pas à mettre en scène.

L'Asie se mérite

L'Asie se mérite mais résonne encore en elle les échos d'une humanité primitive dont nous sommes originaires dont vous pourrez vous abreuvez si vous avez le courage d'y rentrer corps et âmes. Elle vous donnera beaucoup plus que de simples images, si vous aussi vous donnez un peu de vous même. Osez l'aventure ou bouclez la et continuez donc à vivre votre vie de reclus rationnaliste...

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Posté par Photo baroudeur 01:54 Archivé dans France Tagué landscapes sunsets_and_sunrises people children thailand jungle asia photographer prostitution ostro upp freelens ostro_n.quentin ostro_quentin photo_report photoreport travelling_around_the_world www.ostroquentin.com/reportage/ image_picardie Commentaires (0)

Laem Phrom thep - Phuket - Kingdom of Thaïland

sunny 30 °C
Voir Indochine 2012 sur la carte de Photo baroudeur.

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Le soleil se noie dans l'embranchement du ciel et de l'onde, le vent expire dans mes poumons, tandis que je suis dressé seul sur le sanctuaire de la mer de Siam au milieu des bêtes paisibles, veilleuses d'un temple bouddhiste. Simple, rude, éternel. Pas assez triste pour pleurer et pas assez heureux pour sourire, paradoxe au pays du sourire. Je sens une ombre dans mon dos. C'est un homme qui surgit et disparaît aussitôt. Les drapeaux du Samsara sont gonflés par le vent vigoureux du large tandis que les oiseaux de mer s'élèvent dans un balai aérien, prêt à se fondre dans l'incommensurable azur. Le chant lourd des grillons éclate dans ma tête, ma cendre s'écrase sur le sol et aussitôt la main du vent la dissipe dans l'éternité. Entre deux îles j'aperçois les navires des pêcheurs, glissant vers le port et porter par la nécessité du retour. C'est peut être cela le but du voyageur, si tenté que l'on en trouve un...savoir revenir...le nécessaire retour. Revenir pour raconter, donner le goût du voyage et l'envie aux autres de rompre les amarres. Transmission. Mickael le paysagiste fut mon passeur et un jour viendra ou las du combat je le deviendrais à mon tour pour les générations à suivre. Le voyage est un virus hautement contagieux dont on ne se débarrasse jamais. Mais qu'en est il vraiment ? Le voyageur s'est mué en touriste, et le touriste en troupeau apporte avec lui les fléaux de la société moderne mais aussi un certain dynamisme auprès des populations qu'il fréquente et des hôpitaux modernes. On sort les réflexes à tout va, c'est un réflexe. Ronald est un enfant de salaud, ils singent les us et coutumes  du pays qu'il squatte pour mieux vendre sa pourriture auprès des petites gens.  Ils ne savent pas ce qu'ils ont à perdre, quand le prix d'un repas insipide au fastfood sera moins onéreux que le savoureux repas traditionnel de l'échoppe de rue, alors le peuple Thaï sera vaincu. La Thaïlande est un éden qui petit à petit se trouve dévorer par le béton et les dollars. Mais là au point le plus méridionale de Phuket subsiste encore quelques plages nues comme au premier jour de la création et secrètes, récompense du voyageur téméraire...

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Posté par Photo baroudeur 19:22 Archivé dans Thaïlande Tagué thailand asia ostro upp ostro_n.quentin ostro_quentin photoreport travelling_around_the_world www.ostroquentin.com/reportage/ Commentaires (0)

PATTAYA - KINGDOM OF THAILAND (2011)

Behind prostitution...

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Voir THAILAND/INDONESIA (2011) sur la carte de Photo baroudeur.

PATTAYA - KINGDOM OF THAILAND - Ostro N.Quentin (2011)

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TEXTE ET PHOTO BY OSTRO N.QUENTIN

Cet article aurait tout aussi bien pu s'intituler "Pattaya Artifical Kingdom of Thailand" mais ce fut pour le photographe que je suis l'occasion de rencontres aussi enrichissantes les unes que les autres bien au delà des apparences. Bien sur on évoque la prostitution véritable institution ici, mais c'est aussi l'opportunité de montrer un autre visage que celui de la prostitution ou des bidonvilles périphériques. DIAPORAMA PAR ICI => CLIQUER ICI

Pattaya, province de Chonburi, sur le golfe du Siam à 147 km au sud-est de la capitale Bangkok.

Remerciement à Bouddha, Fred the Raid, Philippe P, Fenriz, Lak, Noi, Gavroche Magazine et les français de Dominique Guesthouse qui ont répondus à mes questions...

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Tout à commencer dans ses toilettes. 
Les chiottes en voyage c’est un peu le miroir de l’âme. Dépaysement garanti. Propres, on est clair avec soit même. Sales, l’enfoiré d’avant était bourré ou n’a pas digéré son Pad Thai. Pour le voyageur, la saleté est parfois indicateur de l'authenticité des choses...

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Cet enculé de Ronald est un malin. Il sait singer les us et coutumes des pays dans lequel il vient vendre sa pourriture.

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Je suis tombé sur un groupe de français qui avait reconstitué le lien social et l'ambiance du café du coin à la française, ou les hommes partagent d'avantage que des ricards....cette chose toute sotte mais essentiel...l'amitié !

Olivier le financier : Expatrié, il travaille pour une multinationale de l'informatique. Il a des responsabilités importantes. Il gère tous les comptes Carrefour de France pour sa boite. Il arrive à Pattaya le lendemain de son divorce. "Je suis arrivé à Pattaya le lendemain de mon divorce. Il n'y a pas de hasard, quand tu atterris ici c'est qu'il y a un gros vide affectif". Autour de la table tous acquiescent dans un silence complice qui en dit long. Ici échoue pas mal de brisés de l'existence. Ils viennent se refaire une santé affective. Olivier entretient une relation régulière avec une Thaïlandaise. Il lui prépare une demande de Visa pour la France. C'est comme ca que ca marche. Mon avis : il n'est pas au bout de ses problèmes.

Olivier de Normandie. Il touche le RSA. Il a l'oeil luisant et le sourire en coin caractéristique de l'image qu'on se fait du...pervers. Il connait toutes les histoires sordides du coin mais aussi les ficelles et les astuces pour évoluer ici. Il a des blessures secrets. Je serais simplement qu'il co-gérait un bar ici avec un associé qui ne manquera pas de le plumer lors d'un de ses retours en France. Quand il reviendra, le bar avait été vendu à quelqu'un d'autre. Un jour dans un bar gogo (les femmes dansent sur des podiums) ou il m'introduira il aura cette phrase qui fut un déclic pour moi "on est quand même mieux ici qu'à l'usine en France non ? avant de s'en retourner siroter sa bière"

Philippe du Pays de Cocagne : il est du Sud Ouest. Tu peux pas le louper, l'accent du soleil et la gueule. Une vraie gueule ! Celle qui dérange. Lui il n'a pas connu son père. Il en a souffert. Il ne désire pas d'enfant, de foyer, pas de femme. Un jour sa compagne évoque de cesser la pilule contraceptive. Coup de grâce de la relation : "Jai débandé à partir de ce moment là et j'ai jamais pu repartir avec elle". Philippe vient en Thailand depuis 1988 a raison de plusieurs fois par an. Sauf depuis son accident de travail il y a 3 ans. C'est un peu la mémoire francophone de Pattaya. Il en connait les recoins et les combines. "Ici c'est comme dans un jeu vidéo dont je suis le héros" et de préciser "dans la limite de mes moyens financiers". Lors de nos escapades nocturnes ou il s'improvise guide, j'évoque mon souhait d'écrire un billet spécial sur la ville du vice. Il m'explique que les journalistes sont des manipulateurs : procher de la Walking Street dans un de ces bars qui donnent le tournis, un journaliste a pris des clichés de jeunes femmes majeurs pour illustrer un article sur la pédophilie aux Philippines. Un père de famille européen dont la femme est thaïlandaise s'est fait prendre en photo avec sa petite fille pour les mêmes raisons. Inutile de préciser qu'il n'aime pas trop les journalistes, souvent à l'affut de choses sordides et près à tricher pour se faire valoir. Il m'explique qu'ici "on paie les femmes pour ne pas avoir de problèmes. Une fois j'ai baissé la garde. j'ai eu une relation suivie pendant des années avec l'une d'entre elle, elle ne m'a jamais demandé d'argent. J'ai pris cher quand nous nous sommes séparés."

Maurice de Liège : 84 printemps, retraité. Il est en couple avec Noi depuis 15 ans. Ils sont très complice. Ils se jettes des vacheries à la gueule. Ils s'aiment à en crever les yeux. Qui a dit qu'on ne pouvait pas rencontrer l'Amour dans les paradis artificiels ?

Pattaya c'est aussi trois bidonvilles dont le quidam de passage ignore même l'existence.

Jane: je fais sa rencontre dans une boite branchée de Pattaya "Insomnia". On danse ensemble électrisé par nos regards respectifs. C'est intense. On est bien ensemble. Il y a comme qui dirait une osmose. On repart ensemble aux aurores. Ce n'est pas une prostitué. Du moins c'est ce qu'elle cherche à me faire croire. La frontière est bien mince. Elle a 26 ans, mais elle se projette déjà avec moi, les voyages. On passe la matinée ensemble. Dans l'après midi je l'a reconduis chez elle. Elle semble contrariée. On ne se reverra pas.

Noi : Elle a déjà 40 printemps. Jolie naturellement elle ne les parait pas. Elle n'a pas eu d'enfant. Elle a été marié 3 mois. C'est un coeur en sursis, transi de solitude. Comme nous tous ? Elle a travaillé dans les rizières des l'âge de 13 ans. Puis elle est devenu négociante en tissu à Bangkok pour des compagnies occidentales. La crise n'a pas épargné le pays de Siam. Elle s'est retrouvé ici à Pattaya au milieu de milliers d'autres femmes. Elle travaillent derrière le bar. Noi part rarement avec des étrangers depuis une histoire qui a mal finit avec un Anglais

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L'INDUSTRIE DU SEXE

Dans le cas du pays de Siam la prostitution est admise depuis des lustres, ce qu’on appellera plus tard «l’industrie du sexe» s’est développée lors de la guerre de Corée et du Vietnam. Les militaires venaient en permission pour leur période «Rest and Recreation»(R&R). Pour certains cela prend des allures de fêtes. Pour d’autres moins...à Pattaya par exemple les filles viennent souvent des régions modestes rurales comme le nord et le nord-est, bien que le problème de la faim ne s’y pose pas. Pour beaucoup de femme c’est une option correcte pour avoir un train de vie confortable. La prostitution «c’est pas tabou et on en viendra pas à bout» étant donné l’immense source de revenus que ça génère. L'Asie un bordel géant il parait. Le bordel à proprement parlé concerne les locaux, très assidus, la fréquentation du bordel étant perçue comme une forme de sociabilisation. Mais le Farang (homme occidental) en quête de sexe (et/ou d’affection) n’a pas accès au bordel. Il se retrouve dans des lieux spécialisés. Dans mon travail photographique je me suis efforcé justement de montrer un lieu de luxure comme Pattaya sous un regard plus poétique et sans jamais montrer les hordes de filles aguicheuses.

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Il n'est pas rare de croiser des femmes qui cherchent réellement à se marier.

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MAMA SAN Mi-matrone mi-déesse, la Mama san veille aux affaires et à la santé des filles de bar. Elle est respectée. Son histoire est contenu dans son visage de cire, un visage grave qui en impose.

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MAMA SAN 2

Encore faut il que la Mama San ne soit pas bourrée !

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Le visage de la misère humaine est universelle.

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Le seul pays du monde ou la police est sponsorisée par une marque...de whisky ! Mais sous leurs airs joviales, les thailandais ne plaisantent pas. En cas d'altercation le fautif c'est...le Falang (comprenez l'étranger). Si les choses tournent mal un gars peut se faire rouer de coups et jetté en cellule dans des conditions effroyables. La justice est sommaire et implacable. Un constat : il n'y a quasiment aucune violence, malgré l'alcool qui coule à flot et les filles.

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Nous approchons de la Walking Street, probablement une des rues les plus fréquentée de Thaïlande tant elle voit défiler des masses de touristes. On y rencontre les filles de bar mais aussi beaucoup d'artistes de rue. Parfois aussi Bernard de La Villardière quand il enquête sur le phénomène Pattaya pour Enquête exclusive. Ambiance néon et bruyante garantie.

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Une version asiatique du Moulin Rouge à l'identique de celle de Montmartre...excepté la danseuse de Lap Dance qui assure le spectacle à la barre à la vue du quidam dans la rue.

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Les gamins des rues s'adonnent à leur art, ici un prodige du ballon rond.

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Même dans cet enfer urbain il y a toujours quelques romantiques se trimballant les fleurs à la main

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Montmartre version asiatique je vous dis !

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Fred dit Fred the Raid, patron d'un Guesthouse. A force de le fréquenter celui me livre des confidences. "Ici le Falang n'est jamais propriétaire de l'établissement qu'il exploite, mais seulement des murs. Les Thaïlandais s'assurent ainsi de conserver leurs commerces et leurs propriétés et se préservent ainsi de la spoliation de leur patrimoine par les étrangers. Moi je ne suis qu'un étranger ici (From switzerland). C'est Mama San qui gère le truc. (le bordel quoi). On est associé. Je paie tout ici et elle s'occupe de la paperasse" Fred est marié avec à Pattaya la crasseuse et...la bouteille ! Cet ancien rockeur vit son rêve éthylique ici. Dans son bar il peut boire incognito. Il m'explique que les russes tiennent les établissements de luxe sur Pattaya comme partout en Asie d'ailleurs, part qu'il se partage avec les chinois. Ce sont des investisseurs.

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Singing in the rain

La pluie martèle les toits en tôle toute la nuit. Des précipitations records qui annoncent les désastres à venir de Bangkok. Le lendemain se sont des rivières qui ont remplacé les "Soi" les rues de Pattaya.

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Sous le niveau des eaux les transformateurs électriques explosent. Tel un bombe, le bruit est assourdissant. La petit peuple des bars observent le spectacle impuissant.

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Maurice, Liégeois de 84 ans et marié à une thaïlandaise reste stoïque

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Même dans l'adversité les thaïlandais gardent le sourire.

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Regard dur mais coeur tendre

Cette femme symbolise à elle seul le combat quotidien de ces femmes venues ici pour construire une vie meilleure, ramasser assez d'argent pour se construire une maison et apporter un meilleur train de vie à leurs familles. Les "filles de bar" comme on les appelle communément cherchent pour la plupart simplement à...rencontrer un mari afin de connaitre une autre finalité que celle du commerce de leur corps.

Posté par Photo baroudeur 03:30 Archivé dans Thaïlande Tagué people thailand asia pattaya prostitution ostro_n.quentin mama_san Commentaires (3)

KHAO YAI JUNGLE - THAILAND

"Le chant des gibbons"

semi-overcast -30 °C

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Mikael Lacombe le responsable logistique du reportage a prit de l'avance, il m'a laissé me reposer (J'ai de la fièvre) dans la chambre ou nous avons passé la nuit à Pak Chong. Il a quitté aux aurores. Il m'a laissé un mot : nous nous retrouverons au camp de base du parc national de Khao Yai. J'emprunte un de ces bus local qui ne ferment pas vous avalent par l'arrière. En son sein les braves du coin. Parfois on jette un coup de mirettes à mon bardât avec une certaine interrogation furtive, mais sans agressivité. Distraction de la journée pour certain. Moins d'une heure plus tard me voici catapulté a l'entrée du parc national de Khao Yai. Le bus fait demi-tour.
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...me voici catapulté à l'entrée du parc national de Khao Yai.

Les thaïlandais ont le sens des affaires, je dois m'acquitter de 400 Baths (Moins de 10Euro), droit de passage, mais qui permettra tout de même de bénéficier de la protection des rangers locaux en cas de nécessité. Le parc s'étend sur 2 185,40 km2 et 80 km sur sa longueur est/ouest. Il abrite de nombreuses espèces dont pas loin de 70 mammifères, tel que éléphant, cerf, ours, cochon sauvage (Uik uik), mais aussi tigres, macaques et le facétieux gibbons a mains blanches le ''Lar'' reconnaissable par ses chants hypnotisants. Parmi les espèces rampantes à faire frémir la ménagère citons le scorpion, les araignées (variées) et le redouté...Cobra Royal, une des rares espèces de serpent à s'attaquer à l'homme, mais je reste convaincu que les attaques sont rares et n'adviennent pas sans raison. A nous de desceller les signes avant coureur d'une l'attaque. Le mieux en cas de confrontation avec l'animal étant de partir sans geste brusque et SANS JAMAIS TOURNER LE DOS (Signe de faiblesse). Le principe de garder ses distances prime.

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Après avoir quitté Pak Chong, je m'apprête à rejoindre l'entrée de la jungle de Khao Yai. Beaucoup de gens sont morts dévorés vivant par Seigneur Tigre. Rire

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Même les chiens de la jungle recherche ombrage. Celui là n'a pas peur de se faire rouler dessus...

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Je saute dans le premier pick-up qui passe...avalé par l'enfer vert...

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Donc me voila a pied avec mon bardât après avoir franchi l'entrée du parc. Je fais de l'auto-stop et rapidement un 4X4 s'arrête a ma hauteur pour me faire embarquer. Un couple d'espagnols. Nous roulons au travers les méandres de la jungle et progressivement nous nous élevons autant que nous nous enfonçons dans le parc. Déjà j'aperçois la luxuriante foret, véritable massif végétal qui épanche sa verte toison aussi loin que mon imagination. 15 km plus loin nous arrivons au centre logistique du parc avec ses services (toilettes, hébergements sommaires, cafeteria, location de scooter, etc). J'ai loué pour la nuit un petit baraquement. 2 kilomètres symboliques a parcourir en longeant la foret afin de m'y rendre. A mi-parcourt j'entraperçois Mikael Lacombe dans le coffre d'un pick-up. Nos routes se retrouvent toujours de manière providentielle. Il descend. Nos sourires fusionnent. On se donne rendez vous a une réserve d'eau, le temps que je dépose mon sac. Le soir nous nous retrouvons au centre logistique. Nous échangeons un peu et nous partons chacun nous coucher dans nos baraquements. Il me faut marcher de nuit sur 2 Km. Pas très rassuré quand on sait le genre de créatures qu'abrite la foret. Mais bon, ca reste une formalité pédestre. Un peu différente de mes précédentes expériences. La pluie encore fait son apparition. C'est fréquent en Asie, et les gens vivent au rythme des déluges du ciel. La nuit, mes sens sont en éveils, et au fond de mon petit lotissement, au milieu de tout ces petits peuples et de leurs chants entrecroisés, je me sens vraiment vraiment insignifiant. Pourtant je ne suis pas en danger. Je suis parti avec ma bite et mon couteau comme on dit et je prend la ma seconde leçon d'humilité après l'épisode de la boxe thaï. Ou ''leçon d'humidité'' a vous de voir. La ou je pensais etre enchanté, cette nuit la je me sens triste et un peu appeuré. Bribes et réminiscences de mon cerveau reptilien, peur de l'inconnu. Je ne contrôle rien, je suis au cœur de la Grande Foret de mon esprit. Petit a petit je me sens habité d'une nouvelle étrangeté : l'esprit de la foret qui s'invite en mon cœur...Au matin nous nous retrouvons tous au centre logistique et après avoir avalée la mixture épicée locale a base de riz, de légume et de viande nous reprenons la marche le long de la route, véritable épine dorsale du parc, et ou il n'est pas rare de croiser la route des pachydermes ou d'une tribu de singes, plus fréquente elle. Il y a même un panneau ''Attention traversée de cobras royaux''. Je me demande si ca croustille sous la dent ce truc la. Un pick up nous prend et nous abandonne au cœur du parc. Nous atteignons un point d'observation. Nous quittons le chemin afin de couper un jeune arbre pour nous improviser un bâton de marche capable de repousser les indésirables. C'est interdit, mais comme nous n'avons pas de guide nous prenons tout de même quelques précautions. Je peine a couper tout cela avec mon petit schlass de survie, mais avec la bonne technique et au terme d'un effort de 20min a cuire sous un soleil impitoyable nous avons notre ''bâton de marche''. Nous repartons sur la route en chemin inverse. Nous trouvons encore embarque cheveux au vent a l'arrière d'un Pick-Up. Gentiment le conducteur un local, fait le détour afin de nous emmener a un des points culminants, qui offre un panorama très convoité, récompensant le voyageur qui s'est rendu jusque la.
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Je croise deux abrutis (encore des occidentaux)qui se prennent pour Thor le Dieu de la foudre...

Nous voila déposé en bord de route pas loin du sommet. Nous nous enfonçons dans la jungle au milieu de travailleurs dont la tache consiste a poser des planches en bois et un ponton dans le but de constituer une plateforme surélevée qui permet de circuler dans la foret entre la route et un point de vue panoramique de la vallée. En quelque sorte un lego géant inachevé et égrené de...trous. Explications : il manque une planche sur deux et celles déjà en place ne sont pas fixées. En somme il se présente 3 possibilités pour le marcheur averti. Mettre son pied dans un trou et se le faire happer par un serpent constrictor, faire glisser une planche, se ramasser par terre et s'exploser la nuque ou...faire attention. Mikaël me suit dans cette épreuve d'Interville version asiatique. Good good good ! Le ponton en bois débouche sur une falaise. En bas la coiffe de la sylve prêt à amortir notre chute. Je confirme, le panorama est grandiose. Nous sommes des rapaces contemplant ce territoire nubile et démesuré qu'il semble se suffire à lui même. Oui c'est un fait, il se suffit à lui même depuis la nuit des temps. Après avoir regagné la route laissée derrière nous plus haut, nous poursuivons à pied jusqu'au sommet ou nous attend un autre point de vue et une...base militaire, probablement impliqué dans le contrôle aérien du pays. Les militaires nous reçoivent avec la convivialité martiale de rigueur ici...le M16 et le sourire en coin ! C'est aussi ca la Thaïlande : un sourire ! Il n'y a quasiment aucune voiture pour nous déposer en bas, donc nous profitons de la sortie de la base d'un véhicule de ravitaillement pour nous échapper avec lui. Mikael monte devant. J'escalade le cul du camion, il demare alors que je suis encore a l'extérieur. J'ai juste le temps de me jeter dedans. La descente est sportive, balloté comme un carton...vide. Tout à coup BAM après être passé sur un nid de poule une barre en fer se fracasse sur le sol. Vous voyez l'ambiance. J'ai le cul et les genoux coloré de rouilles. Chaque nid de poule rencontré est un délicieux supplice. Ça ressemble à une descente en rafting mais sans casque et sans flotte. Une demi-heure de ce traitement me plonge dans une humeur joyeuse pour la journée. Nous regagnons le centre logistique du parc, et de la nous empruntons un sentier qui nous aspire dans la jungle. Nous enjambons rivières et marécage. Il y a un ballet incessant de sangsues véritable ''pénis sur patte'' attendant la moindre occasion de se fixer pour s'abreuver de notre sang. Ces curieux invertébrés passent même à travers nos chaussettes ! Je crois apercevoir un serpent mais c'est un morceau de liane désarticulée qui effraye le naïf de passage. Ensuite nous reprenons la route à pied afin de nous rendre à une de ces ''watching towers'', tour en bois ressemblant aux tours d'assaut improvisées du moyen-age.
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Tour de guet de laquelle nous avons infiniment plus de chance d'observer les habitants des lieux sans les alerter de notre présence...

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Le coin est dégagé et très beau. Nous n'aurons pas la chance de voir un animal dans le point d'eau plus bas. La nuit tombe de bonne heure. Il est presque 18h il faut partir : la nuit nous devenons totalement étranger à ce royaume tropicale et donc indésirables. C'est le moment ou les prédateurs se mettent en mouvement. Sur la route nous découvrons un scorpion...ou ce qu'il en reste : le malheureux a été aplati par une voiture puis séché par le soleil de plomb sans autre forme de procès de son imprudence. Je rencontre un petit lézard qui s'immobilise sur la ligne blanche. Je reste 5min à le photographier sous tous les angles, rapprochant petit a petit mon objectif de sa présence. Il ne réagit toujours pas persuadé de son invisibilité.

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Cette charmante créature est persuadée de son invisibilité. M'offrant son invisibilité pendant de longues minutes, nous nous observons mutuellement et je me rapproche jusqu'à obtenir ce beau...portrait !

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Un touriste Thaïlandais s'arrête en voiture et s'étonne de me trouver allonger par terre, finit par comprendre ce qui se trame, se prendre lui même au jeu et capturer la bestiole en image...

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La jungle est un monde dans le monde habitée d'une vitalité extraordinaire.

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...des paysages...à couper le souffle dans une lumière de fin du monde.

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Les fourmis rouges sont sur leur domaine...

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...garre à l'imprudent qui poserait ses fesses trop longtemps au mauvais endroit !

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Parfois j'imagine Seigneur Tigre faire frissonner les tiges hautes à son passage, et j'en frisonne tout autant...

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Parfois un Pick-up nous propulse un peu plus loin dans l'inconnu. L'occasion de petits moments de répit cheveux au vent.

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En Thaïlande même les prolo nous livrent un large sourire...contraste saisissant avec notre terne Europe. Ca peut se comprendre...ils ont une meilleur qualité de vie !

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Cette fois ci j'ai atteint mon but...me fondre dans l'immensité végétale...mais gare à ne pas rester longtemps trop statique les sangsues ont vite fait de nous grimper dessus...

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Les buveuses de sang je les scalpe au schlass...

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La jungle reste un endroit hostile ou il ne vaut mieux pas piquer une tête n'importe ou...

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Ma biiiiiiiiiiiiiiiiiiche ;) Plusieurs longues minutes aux aguets me récompense de mon attente.

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Après avoir grimpé à pied jusqu'à une base aérienne de l'armée thaïlandaise au point culminant de la jungle, je m'y en échappe par un camion de l'armée qui quitte la base après son ravitaillement...

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...mais c'était sans compter les nids de poule et les suspensions quasi-fantomatiques ! Une barre en metal mal arrimée tombe à un bras de moi dans un fracas retentissant. J'aurais dormi longtemps si elle n'avait pas manqué son coup...

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"...Plus tard un pick-up me déposera a la sortie du parc."

La nuit est tombée tel un couperet. Il nous faut regagner nos ''huttes''.Le lendemain matin je me sens faible, malgré les heures de sommeil, je n'ai pas l'impression de récupérer. Un peu fiévreux, je me demande ce qu'il se passe véritablement au fond de mon corps. Nous devons nous enfoncer dans un profond tronçon de jungle. Je me sens suffisamment vaillant encore pour le faire, mais Mikael Lacombe me suggère de ne pas prendre part a la marche du jour. Je n'aimerais pas que mon état dégénère encore. Décision prise de m'extraire des bras de la foret, puis de faire une halte de qq jours dans un coin de campagne pour récupérer. Seul je me remet en marche en direction de l'entrée nord de la réserve. Aujourd'hui les Gibbons s'en donnent a cœur joie. Leur chants majestueux rebondissent au dessus de la canopée. échange de cris plein de vigueur et d'enthousiasme. Malgré leur présence omnisciente, il est difficile de les localiser. Le destin veut que la chance guida mes pas au pied d'un de ces arbres dans lequel évolue ces singes. J'en croise donc plusieurs. Ils sont très hauts et se déplacent seul. Celui que j'observe se balance avec une agilité déconcertante. Il est dans son habitat naturel, mais une chute de 30 m de haut lui serait fatale. Après avoir assisté a ce ballet sylvestre, je m'éloigne inexorablement de l'acrobate et de ses compagnons, tout distant les uns des autres de plusieurs centaines de mètres parfois. Plus loin je rencontre toute une famille de macaques sur le macadam de la route. J'ai un peu d'appréhension, mais ils ne semble aucunement dérangés par mon passage. Furtif j'en profite pour faire quelques clichés. Plus tard un pick-up me déposera a la sortie du parc. J'ai le cœur un peu lourd, mais j'ai le sentiment que je reviendrais de nouveaux a Khao Yai. J'ai bien fais de quitter le soir je suis désorienté et la fièvre me reprend. Ça ne va pas fort, mais le chant des Gibbons que j'ai gardé en moi me réconforte un peu.

Plus tard Mikaël me racontera avoir croisé quelques crocodiles placides et surpris un buffle qui, effrayé de tomber sur des indiscrets visiteurs avait galopé droit devant lui, emportant tout sur son passage avec la force de l'eau de la cascade...

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Les Sangsues m'auront laissé un souvenir marquant...sur mon pantalon.

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Posté par Photo baroudeur 07:08 Archivé dans Thaïlande Tagué thailand jungle asia gibbon khao_yai ostro_n.quentin sangsue national_park_of_khao_yai Commentaires (2)

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