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Articles sur ostro n.quentin

N.QUENTIN PHOTOREPORTER - INTRODUCE MYSELF

A la découverte de soi...et des autres

« L’aventure est un état d’esprit. Elle se trouve dans le cœur de l’homme. L’aventure, c’est être capable de refuser son destin, être prêt à partir à tout moment, concevoir encore et toujours de nouveaux projets, ne pas être assis, c’est en un mot vivre sa vie et la construire. » Paul Emile Victor.

Enfant curieux

Enfant curieux

Quand je serais grand...

Aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais tenu en place. Tout petit déjà je trompais la vigilance de mes parents, et je me carapatais. C'était inscrit en moi, il fallait que je tente. Mais tenter quoi ? L'aventure de la vie putain ! Partir, explorer par soit même, découvrir, aller voir ce qu'il y a...derrière. Beaucoup de curiosité donc. Je leur en ai fait baver à mes vieux. J'avais déjà le sens des initiatives, mais quand on est gamin ça fait flipper les adultes, alors on vous interdit, on vous protège...surprotège même...surprotection...maladie de l'occident...obsession de la sécurité comme l'a si bien remarqué mon ami Mickael Lacombe. (celui qui m'a donné le virus de l'Asie).

«quand je serais Anthropologue, explorateur ou Volcanologue», c'était ca ma lubie petit. Au final...la vie m'a fait photo reporter et je l'en remercie. J'ai choisi ce métier...ou ce métier ma choisi, je ne sais plus trop.

Si j'avais eu d'avantage de discipline je serais resté dans la Légion Etrangère. Mais faire la guerre pour d'autres, obéir, et qui plus est pour l'intérêt de quelques puissants...quelle gloire à cela ?

Photographe solidaire

Si mes collaborateurs me qualifie souvent de "photographe d'instinct" , je suis avant tout, de mon aveu un "photographe solidaire" et solitaire bien entendu. Ni voyeur, ni chasseur, ni chroniqueur, ni historien, autodidacte en photographie comme dans ma lecture du monde, j'ai appris la photographie sur le tas en...photographiant ! Sans fioriture, sans baratin, sans protocole, sans concession, simplement, mais avec l'aide de la lumière, car « La lumière fait parler les êtres et les choses. » Vivre l'image comme une aventure qu'il faut oser, c'est ainsi que j'ai construit ma vie, tantôt en réinterprétant le réel tantôt en s'en faisant le témoin authentique. Recevoir l'instant, saisir le mouvement sans toutefois en figer l'émotion, voilà mon style.


Voyager pour se connaitre

Certains dirons qu'il n'est nul besoin d'aller à l'autre bout de la planète pour se découvrir, c'est vrai ce n'est pas une obligation, mais c'est une ouverture qui nous permet d'embraser la complexité du monde dans lequel nous vivons et prendre conscience de sa globalité afin de mieux comprendre notre petit monde de tous les jours, notre vie ordinaire. (Travail, relations humaines). PENSER LOCAL POUR AGIR GLOBAL. Le voyage permet de mieux appréhender son fonctionnement de l'intérieur. L'être humain est universel. Il est dominé comme tout ses autres freres du regne animal par les mêmes instincts, territoriaux, sexuels et hiérarchiques. Des petites vérités qui dérangent, mais quel mal au fond ? Le mal c'est justement de ne pas accepter les choses tel qu'elles sont. Le grand Voyage, celui qui rend libre, est une invitation à la découverte de soit et des autres. Voyager pour se connaitre. Voyager pour témoigner, apprendre, échanger, enfin voyager pour partager et transmettre. Pour moi le voyage est une respiration, une nécessité et un doute. Il me faut partir...et revenir pour rapporter aux miens et autres, ceux de chez moi, la France. Ainsi va ma vie. Mais la vie n'est elle pas un éternel voyage et un éternel recommencement ?


Voyager c'est changer le monde

Etre en mouvement constant est un style de vie. Ce style de vie semble révolutionnaire, il répond pourtant à un instinct primordial et il est une réminiscence de notre passé de nomadisme. L'homme est fait pour le mouvement, marcher d'abord (et surtout). Se déplacer pour trouver de quoi subsister. Se déplacer pour échanger. Se déplacer pour travailler. Aujourd'hui pouvoir voyager n'est l'apanage que des plus riches. Il demande des ressources, une organisation et des sacrifices. Voyager c'est rencontrer, et les rencontres sont autant de voyages intérieurs, et voyager intérieurement...c'est changer le monde.

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Phnom Penh - Kingdom of Cambodia

Texte par N.Quentin - Asia Pix

semi-overcast 35 °C

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Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

Phnom Penh. Four à ciel ouvert. Éden carbonisé par la saison sèche, comme il fut jadis arrosé de Napalm par l'oncle Sam. Le Tonlé Sap cobra endormi le long de ton flan attend sa résurrection prochaine, à la saison des pluies, ou là poussière se muera en boue. Tes artères sont traversées de moto funambules familiales, et à chaque carrefour un policier guette la moindre occasion de salaire. Karma police, mafia police. Tes veinules sont squatées par les marchands ambulants et tissées de file de joie et de fille de soie déambulantes aux courbes suaves et rapaces, dévoreuses d'oisillons frits, fumeuse de glace, croqueuses de carapace. On t'aime...un jour, quelques jours, toujours. Déesses ocre et sang, Déesse Khmer, tu fais la putain auprès des vieux pachydermes d'occidents pendant que ton frère danse dans la poussière poings et mâchoires crispées : il boxe. Il cogne pour survivre. Le Boxeur d'Angkor travaille ses gammes auprès de ses frères de poing. Solidaire, coude à coude. Soudés. Dessoudé. Coup de coude. Coup pour coup. Recousu. Pugiliste de misère, raboteur d'arcade, cogneur de l'ombre, assassin souriant. La mort est chic ce soir. Focal sur le ring. Ton jour de gloire, sa nuit démarre. Il a perdu, tu as gagné. Vase communiquant. Vases en porcelaine au milieu du ring, trophées. Ballerine assassine. Muscle à canon. Brève existence endolorie. Sponsor whisky, pour oublier. Dieux du ring oubliés. Cambodge réveille toi ! Reprend ton destin en main !

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Décharge de Stung, les enfants fouillent la montagne d'immondices et foulent les flaques de cancrelats, pendant qu'un carrosse Lexus trace un boulevard de boue. Tes infirmes traînent leur moignons dans le serpent caniveau, implorant une poignée de dollars...témoins muets des membres des plantations de mines. Phnom Penh tes lacs sont assoiffés pour construire des palais de jeux hasardeux tandis que tes poumons de verdures sont transformés en pierre. Le progrès mondialiste. 
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Balais de mouches vengeresses, chinois malaisés, malaysiens promoteurs, vendeur de cauchemars US, touktouk à l'affut. Des couples de hippies oisifs viennent s'enivrer de tes effluves nauséabonds que le parfum du chanvre recouvre. Orussey Market, un vampire ponctionne méthodiquement au puit de l'aorte le sang de volatiles à l'agonie, avec une attention particulière à ne pas tuer l'animal tout de suite. Boules de plumes transies par le froid de la mort patiente, dans le souffle brûlant du marché aux tôles ondulées. Des Ong ponctionnent méthodiquement le sang du royaume chuchoté. Chut. Le cliquetis du ciseau de la coiffeuse arrête le temps. Une liasse de crain se pose sur le dallage, le temps repart.  Une matrone Khmer jette dans l'étable ses découpes de charognes aux salmonelles et de poissons cyanurés. Amoncellement de fruits d'Eden, mangues tentatrices, rambutans rebutants, durian aux effluves fromagères, puanteur prodige, doux cadavres capiteux. Un chauffeur de toutouk avale sa rancoeur au milieu d'une lampée de Redbul. S'il ne crève pas d'un accident de la route ou de solitude, il succombera de la morsure lente du diabète. Les membres engourdies, demain tout ira mieux ? Cerveau anémié par la privation tandis qu'au coin de la rue un néo-côlon prépare son cancer du côlon en avalant son hot dog à la viande de cador d'élevage. 

Phnom Penh vacille entre décadence et gloire passée comme l'ambassade de france vestige décoratif qui ne fait pas grand chose pour ses ressortissants.

La nuit tombe comme un couperet sur Phnom Penh et avec sa cohorte de gueules burinées sur le grille de l'enfer Asie, arrosées de tords boyaux de riz et de palme. Palme de la noirceur dissimulée par les dragons néons filandreux de la rue Pasteur. Ironie de l'histoire, les amibes et germes pullulent. Fils et filles des bas fonds et d'une nature vénéneuse, enfants de génocidés et anciens bourreaux réunient pas le silence d'une monarchie d'apparat. Monsieur le premier ministre, ennemi du peuple super star, ta gueule de cador décore les horloges en toc made in china. Tu as du confondre bureau avec palais. Tu es trop hype quand tu déboules dans la rue avec ton escouade de motards ninja. Moucheron superpuissant à l'oeil de cristal, tu as plus de pouvoir que notre tâcheron national. Il y a quelque chose de pourris au royaume du Cambodge.

Phnom Penh je ne t'en veux pas, tu m'as offert ton cœur noirci et l'énergie de repartir vite en quête d'autres mondes...

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Prime minister Hun Sein office

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Old stadium swimming pool

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Orussey market

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Le Boddhisatva de Phnom Penh

Le martini

sunny 35 °C

A l'entrée d'un coin malfamé ou vieux quidams bedonnant et professionnelles de l'amour désabusées se rencontrent (ou pas) je croise un pied beau , nain, laid, difforme, qui trône au milieu des cerbères de sécurité et du staff. Une image de farewest asiatique, un clin d'oeil de la diversité d'un peuple aux antipodes de nos modes de vie. Il me sourit tapis dans l'oeil noir du caniveau. À cet instant c'est comme si son sourire avait déverrouillé cette cuirasse sociale que nous portons en toutes circonstances au milieu des autres. Sa beauté  et sa joie de vivre m'ont vaincu. Comme cet être peut il rayonner ainsi malgré les affections de sa condition et ce malgré l'existence impitoyable du peuple Khmer ? Il nous rappel à nous bien portant quelle chance nous avons d'être beau, mais comme nous sommes laid parfois dans notre assurance et nos convictions. Sa beauté complétait la mienne, son sourire me guérissait de ma perdition et de mes ténèbres. Une lanterne au coeur de la nuit. Peut être est cela le boddhisatva, celui qui libéré enfin des entraves de l'existence revient nous montrer la joie, élémentaire et simple. Parfait de simplicité et de dénuement. Cet être immense de beauté qui témoigne dans son handicap de la beauté du monde dans un petit monde qui a connu la sauvagerie la plus absolue ou vieillards, femmes et enfants étaient massacrés à coup de pelle dans la nuque parce qu'un officier Khmer rouge trouvait que les balles revenaient trop cher...

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Rencontres à Sihanoukville - Cambodge (2012)

Rencontre du troisième type...

35 °C

Comme dans toute société traditionnelle, pour avoir des relations sexuelles avec une femme il faut soit être son mari, soit avoir des relations tarifées et réquenter des prostitués. Dans la société cambodgienne plus qu'ailleurs nous sommes dans un système traditionnel et les relations hors mariage sont proscrites. Mais bien décidé à faire des rencontres féminines je me met en marche en direction de la plage dans les lieus récréatifs de la plage de Sihanioukville ou jeunesse occidentale et Khmer se côtoie. Premier soirée j'arrive accompagné de deux compagnons bretons rencontrés à la ville frontière de Koh Kong. Fraîchement débarqué sur la plage...une jolie cambodgienne m'aborde, je l'invite à se joindre à nous pour aller danser. Elle est anormalement mince, et je comprendrais par la suite qu'elle se drogue. Puis une de ses amies la rejoins. Elle me plaît bien, elle a 21 ans, elle est pétillante et comme moi elle aime se déhancher. Je commence à l'aborder et la charmer. Ces rencontres faciles et inopinées me laissent sur mes réserves.  Mes bretons se trouvent des gos et nous décollons pour un bar avec une piscine l'"Utopia". Je pique une tête avec ce que je crois être ma futur conquête. Et pendant un moment d'absence un de mes compagnons fricote avec elle.  Pour moi c'est sur...la belle ira se faire reluquer ailleurs. Finalement nous rentrons vers notre Guesthouse et je congédie et remercie la première fille, qui visiblement prend très mal le fait de ne pas passer la nuit avec moi. Étrange pays ! Le lendemain JB le breton m'explique que la belle lui demanda 15$ pour sa compagnie. Je comprend à ce moment là que nous avons à faire à des prostitués free-lance, qui choisissent leur client par affinité et tranche d'âge. 

Deux jours plus tard je retenterais l'expérience seul cette fois ci (éliminant ainsi toute concurrence parasite). Je suis réputé pour mes pas de danse et je croise tout à coup le regard d'un ange. Fracture net des mirettes. Allez on s'affole pas, on l'aborde, on amorce la danse nuptiale, on verra bien. On accroche bien et ça dure une demi heure avant que je lui propose d'aller admirer la voûte étoilée sur la plage. La on se rapproche encore, je la décolle du sol et la pose sur mes genoux. Elle a les cuisses et les hanches très fermes c'est sur c'est une poule labelisée je tiens le gros lot ! Et alors que je parle d'aller me coucher elle me balance : "How much you pay ?" Diable ! Toutes des putes ? Payer une jolie fille rencontrée en boîte de nuit n'est pas dans mes principes. D'autant plus que je me donne toujours un peu de mal, donc pour moi c'est mérité. La je suis face à un choix cornélien : rétribuer mademoiselle et rentrer avec ou...rentrer seul la queue sous le bras ! Le choix est vite fait. On se met d'accord pour 10$. Ça tue un peu le charme de la rencontre. Soupire. Mais elle est tellement canon que j'en suis...boulet ! Elle embarque derrière moi sur ma moto et nous décollons pour ma Guesthouse. Il faut passer à la douche. Elle ne veut pas se joindre à moi, de la pudeur probablement. Après sa douche et tandis que je brique mon corps de Millon de Crotone elle m'attend lascivement dans mon lit. Quand je l'a rejoind elle me demande d'éteindre la lumière, encore de la pudeur pensais-je. Pour un peu j'allumerais bien un cierge avant de chanter le cantique de la pute romantique. Je l'embrasse et admire sa magnifique paire de loche, anormalement disproportionnée pour une asiatique. J'ai bizarrement de moins en moins de feeling, pire je suis envahi d'un désagréable pressentiment...et si cette créature n'était pas ce qu'elle renvoie ? C'est à dire une jeune et jolie jeune femme. Je veux en avoir le cœur net..."are you lady boy" ? "yes i'm lady boy sorry !" Un trav' !!! Une femme à bite noooooooooon ! "I can make you happy !" me lance t'elle comme une formule magique. Une formule magique qui ne prend pas...je ne suis pas adepte de ces bizarreries de la nature, même si je respecte. J'ai le choix entre lui décrocher la mâchoire d'un coup de coude ou la congédier gentiment. J'opte pour ma seconde option et grand con que je suis je lui glisse quand même un billet vert par ce que voilà le quotidien d'un "lady boy" dans une société hyper traditionnaliste ça doit pas être évident. Et oui ça n'arrive pas qu'aux autres et ca arrive même aux meilleurs d'entres nous. Cela me servira d'exemple. La prochaine fois je met la main au panier afin de m'assurer de ne pas faire une rencontre du troisième type. 

Au Cambodge quand tu veux faire des rencontres tu as affaire à des putes ou des trav'. Des putes ou des trav' il faut choisir !

J'ai fais la rencontre d'une française, animatrice sociale dans le 93. Elle s'envoie en l'air avec des cambodgiens et ça le lui coûte rien. La bonne affaire !  Le dernier en date un chauffeur de Touk Touk l'a même demandé en mariage. Forcément une occas' comme celle là n'arrive pas tout les jours. ;)

Je repars danser les autres soirs, mais cette fois là j'envoie paître toutes les belles qui gravitent autour de moi. Yen a une qui insiste. Je fais mine de l'ignorer mais un moment c'est plus possible. Nous dansons ensemble, mais je lui dis finalement au revoir aimablement. Celle là n'aura ni ma queue ni ma maille. Je la revois le lendemain puis le surlendemain. Ça devient une copine. Je me sens un peu chaud ce soir la. Je commence à la draguer, l'embrasser dans le cou..je dérape un peu malgré le fait que je lui avais dis que je ne cherchais rien. Nous partons fouler la plage afin de nous livrer un peu l'un à l'autre et de comprendre pour ma part qu'il elle est exactement. C'est plutôt une belle femme mais elle n'est pas toute jeune. Elle m'explique qu'elle ne se prostitue pas qu'elle profite des festivités du nouvel an Khmer pour se changer les idées. Elle me fait comprendre que le premier soir ou  jetais parti après lui avoir dit au revoir elle s'était senti triste. Elle m'aimait bien. En fait je comprend qu'elle cherche des amis. Je ne suis pas très à l'aise pour avoir des amies filles, j'ai plutôt envie de leur grimper dessus, mais j'avoue qu'avec elle je peux passer outre l'attirance physique. Déjà elle a au moins 40 balais, et en plus je fréquente une autre femme actuellement. Elle m'invite chez elle au centre de Sianoukville, dans une habitation très modeste, qui s'apparente à une cabane en bois. Elle est fier de me dire qu'elle est propriétaire et qu'elle possède 3 scooters qu'elle loue. Son hospitalité est touchante, et ce qui m'était apparu comme une "proposition" ne l'est pas. Elle est séparée et je crois comprendre qu'elle sort d'une déception amoureuse. Je la verrais bien avec un barraing  (étranger) de son âge. Je cesse donc de la peloter et de faire mon mauvais garçon. Je souris je suis heureux et chanceux : pour une fois que je rencontre une personne qui n'en a pas après mon argent. En fait je viens de me faire une amie, et pour le voyageur habitué aux éphémères rencontres c'est assez rare...

Posté par Photo baroudeur 16:45 Archivé dans Cambodge Tagué sunsets_and_sunrises people parties cambodia asia photographer sihanoukville cambodge prostitution ostro freelens ostro_n.quentin ostro_quentin photo_report photoreport travelling_around_the_world mama_san Commentaires (2)

Kun Khmer l'origine du Muay Thaï

Interview avec un spécialiste de la boxe khmer

sunny 30 °C

Boxe Khmer l'origine du Muay Thaï ?

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Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

Tout le monde connait le Muay thaï popularisé ces deux dernières décennies en occident. Peu de personne en revanche ont écho du fait que le Muay Thaï a largement puisé dans les sources martiales du royaume Khmer. En effet l'armée de Siam lors de ses incursions dans le royaume Khmer a su enrichir ses techniques de combat rapproché auprès des soldats Khmers plus abouties, ce qui contribua a l'essor de la boxe thaïlandaise dotant ainsi ses soldats de techniques de combat complètes au corps à corps. A l'apogée de la civilisation Angkorienne, Siam (Thaïlande) était partie intégrante du royaume khmer. Des fresques sur les temples d'Angkor laisse penser que la civilisation Angkorienne avait mise au point des techniques de boxe antérieures au Muay Thai tel que nous le connaissons sous sa forme actuelle (XVI siècle)...le Kun Khmer ou boxe Khmer.

Au delà des discussions de légitimité et de primauté de l'une sur l'autre et malgré les hésitations historiques et les manques d'éléments archéologiques on peut avancer que l'une n'existerait pas sans l'autre. D'une certaine manière on peut avancer que le Muay Thaï a reformalisé l'aspect guerrier et militaire. Mais c'est un fait, la Boxe thaï ne serait pas ce qu'elle est sous sa forme actuelle si le Pradal Serey ou Kun Khmer ne l'avait précédé.

Nous avons demandé à plusieurs acteurs de la boxe Khmer au Cambodge de bien vouloir nous éclairer sur cette discipline et son etat de santé.Pierre responsable du centre de fitness et de boxe asiatique de Sihanoukville au royaume du Cambodge se livre sur cette boxe méconnue du grand public. 35 ans de pratiques dans les arts martiaux. Il s'est gentiment livré à mes questions.

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Quel est ton parcourt ?

Pierre : originaire de basse Normandie, pour des raisons familiales j'ai vécu en chine en 1968 et c'est précisément la bas que se déroule une part importante de mon enfance. Ce qui peut être apparenté à un conte asiatique rejoint la réalité, je fut introduit au Kung Fu par les moines d'obédience tao. J'ai donc baigné dedans des que je fus en âge d'accomplir mes premiers pas si j'ose dire. De retour en basse Normandie à 11 ans je complète mes techniques avec le karaté, le judo mais aussi l'aïkido. A l'âge de 20 ans je m'éprend du Muay Thaï. A cette époque cette discipline en est à ses balbutiements en France et la reconnaissance qui arrivera avec des champions comme Dida Diafra suivra des années plus tard.

Devant mes prédispositions pour les arts martiaux, le maire de ma ville (Bernard cazeneuve) et Philippe Poulain me propose d'intervenir dans les écoles et dans les Zep (Zone d'Education Prioritaire). Je participe aussi à la creation d'un Samu Social sur la commune urbain de Cherbourg Octeville. Finalement mon désir d'Asie est plus fort et je pars pour une autre vie la bas. D'abord j'ouvre un centre sociale orienté sur l'enfance au nord de la Thaïlande à Chiang Mai (Prévention, éducation, loisir). Par la suite une rencontre fortuite avec un général de l'armée Thailandaise m'amène à être instructeur en préparation physique auprès de ses soldats. Je me perfectionne en Muay Thaï pendant des années tout en enseignant avant pour des raisons personnelles de migrer au Cambodge et d'atterrir à Sihanoukville ou je suis installé depuis 2005. J'y ai rencontré ma femme et nous avons fondé ensemble le premier centre de fitness et de boxe asiatique. Aujourd'hui (2012) je suis âgé de 43 ans et j'aimerais bien que les choses évoluent dans le bon sens dans mon pays d'accueil.

Motivations et Intentions

Pierre : l'idée est de redonner au peuple Khmer sa culture et de ressusciter l'engouement autour de leur boxe intégrante à leur identité. Le caractère sacré du combat a été perverti par la société de consommation et le modèle économique actuel. Les Khmers n'ont plus connaissance de la signification des rites gravitant autour de la boxe et du ring pour les raisons historiques que l'on connaît. (les guerres) Les khmers viennent à ma salle, et les touristes nombreux au cours permettent de maintenir une certaine rentabilité, sinon ce serait difficile de joindre les deux bouts étant donné le peu de moyen dont nous disposons.

Quel est l'éthique de la boxe Khmer et les valeurs que tu défends ?

Pierre : les mêmes que tout combattant qui se respecte : respect, discipline, honneur, courage, abnégation, loyauté, sacrifice. (Le combattant boxeur au moyen âge donnait sa vie pour le seigneur). Les boxeurs au Cambodge sont sacrifiés, mais plus pour des seigneurs et pas pour une cause noble mais pour celle de l'argent roi, et pour des mafias qui contrôlent tout cela. Les boxeurs sont de la chair à canon.

Moi : très bien Pierre, maintenant rentrons dans le vif du sujet.

La boxe Khmer c'est quoi ? Quand s'est t'elle développée et sous quelles influences ?

Pierre : la boxe Khmer ici porte un terme bien précis le Pradal Serey. Le Pradal Serey ou Kun Khmer vient du kun daï , littéralement « art du combat à mains nues » en langue khmère, discipline militaire de corps à corps, en usage dans les armées de l'empire khmer au IXe siècle. Elle même prend sa source dans sa version ancienne le Bokator, qui date du III siècle. Le Bokator est apparenté au Kung-fu, il s'inspire des animaux provenant de la culture Chinoise. Comme tu l'a très bien dit dans ton introduction, les Thaïlandais sont aller puiser directement à la source lors de leur incursions en s'inspirant des techniques martiales du royaume Khmer. La boxe Khmer propose le style le plus radicale et épurée des boxes asiatique, puisque sa fonction première était de casser l'adversaire très rapidement. On visait donc à s'attaquer aux points sensibles, comme les articulations et les endroits vitaux. Pour les influences culturelles, l'Inde et la Chine, influence notable sur le royaume Khmer au carrefour de ces deux civilisations. Les Khmers eux même ont bien du mal à situer précisément l'origine, par rapport à leur histoire, et notamment la période Khmer rouge qui a effacé pas mal de données.

Historiquement le ring prend le relai du champs de bataille (comme les joutes), lors de conflit en voie les meilleurs guerriers (bouddhiste) s'affronter dans un combat à mort. À l'issu le combattant victorieux donnait raison à son maître. Ram Muay (en Thaïlande), vérifié le terrain, s'échauffer, montrer de quelle école on venait.

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Son apogée ?

Pierre : l'apogée du Kun Khmer suit l'avènement du royaume d'Angkor, au moment ou celui ci se libère du joug Javanais après le 8e siècle. Des plaines nord-est de la Birmanie au sud-ouest du Vietnam, l'ordre et la civilisation khmers rayonnent. Les traces archéologiques d'une pratique systématique et codifiée de la boxe khmère sont inscrites dans la pierre.

Quel est l'état de santé de ce sport au Cambodge et ailleurs ?

Pierre : c'est une catastrophe mais puisqu'il faut nuancer, nous dirons que ce sport est en reconstruction. La boxe reflète ce pays. Le Cambodge est un pays qui se cherche. La société de consommation a perverti leur culture et le sens originel des choses, initialement le ring est un endroit sacré comme expliqué plus haut.

Quelle avenir pour la boxe Khmer ?

Pierre : pour le moment, je dirais Sombre. La mafia gère la chose. Tout est verouillé, négocier un combat, passer de la musique, etc...Et donc au niveau international ça ne suit pas non plus. Ils n'ont pas de condition physique. Cela se voit d'autant plus quand on fait la comparaison avec le pays voisin, la Thaïlande, ou les boxeurs bénéficient d'une solide préparation physique.

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La boxe Khmer souffre d'un manque de reconnaissance, pourquoi ?

Pierre : la corruption, le pouvoir et le pognon passe sur l'ethique. Les boxeurs au Cambodge ne sont qu'un outil pour faire du pognon. Pas de respect du boxeur. Les boxeurs n'ont pas une bonne hygiène de vie et à titre de comparaison ils ne tiennent pas longtemps face à des thaïs, aggueris et affûtés. Ça m'embête de dire cela mais il faut bien reconnaître le manque de niveau.

N'y a t-il personne pour relever le niveau au Cambodge ?

Pierre : si ils existes, ce sont les gardes du corps du ministère de l'intérieur. C'est l'élite. Ils s'entraînent en Thaïlande. Cherche l'erreur...

Que faut il faire pour la populariser de nouveau, la faire connaître et la diffuser ?

Pierre : un travail de fond et honnêtement tout reprendre à zéro. Localement un travail local consistant à former durablement de vrais profs de sport qualifiés et sains, avec des connaissances historiques, culturelles, pratiques, physiques et physiologiques. Un centre de formation pédagogique. Prendre exemple sur son voisin la Thailande ou la boxe est un vrai métier et une caste, que dis-je une institution ! Il est essentiel de rappeler les fondamentaux du bouddhisme qui est le ciment culturel de ce sport, et que la propagande des Khmers rouges a fait disparaître. La boxe est un vrai métier et doit le revenir au Cambodge comme elle l'est en Thailande.

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La culture et tradition doivent reprendre le pas face à la société de consommation. Ce rapport à l'argent est biaisé. L'argent oui, évidement c'est un moyen, mais cela ne doit pas être une fin en soit.

Sur le plan international la boxe Khmer apparait comme hyper marginale. Pourtant au Cambodge il y a un ancien champion assez charismatique et populaire, Eh Phuthong, une sorte de vitrine vivante du Kun khmer. Depuis des années il faut de l'éducation et essaie de transmettre ses valeurs à la jeunesse. La tâche est ardue.

Selon toi quel est le problème du Cambodge ?

Pierre : sa corruption, et derrière un manque cruel d'informations, et donc de formation et d'éducation. Cette espèce de lavage de cerveau sur l'époque Khmer et ses conséquences. Le pays doit assumer son histoire s'il veut retrouver une nouvelle respiration, mais tant que les anciennes élites seront là, les choses seront tabous.

Moi : merci infiniment de t'être livré à toutes ces questions. Bonne chance dans tes entreprises et puisse la sagesse des guerriers être de ton côté.

Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

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