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N.QUENTIN PHOTOREPORTER - INTRODUCE MYSELF

A la découverte de soi...et des autres

« L’aventure est un état d’esprit. Elle se trouve dans le cœur de l’homme. L’aventure, c’est être capable de refuser son destin, être prêt à partir à tout moment, concevoir encore et toujours de nouveaux projets, ne pas être assis, c’est en un mot vivre sa vie et la construire. » Paul Emile Victor.

Enfant curieux

Enfant curieux

Quand je serais grand...

Aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais tenu en place. Tout petit déjà je trompais la vigilance de mes parents, et je me carapatais. C'était inscrit en moi, il fallait que je tente. Mais tenter quoi ? L'aventure de la vie putain ! Partir, explorer par soit même, découvrir, aller voir ce qu'il y a...derrière. Beaucoup de curiosité donc. Je leur en ai fait baver à mes vieux. J'avais déjà le sens des initiatives, mais quand on est gamin ça fait flipper les adultes, alors on vous interdit, on vous protège...surprotège même...surprotection...maladie de l'occident...obsession de la sécurité comme l'a si bien remarqué mon ami Mickael Lacombe. (celui qui m'a donné le virus de l'Asie).

«quand je serais Anthropologue, explorateur ou Volcanologue», c'était ca ma lubie petit. Au final...la vie m'a fait photo reporter et je l'en remercie. J'ai choisi ce métier...ou ce métier ma choisi, je ne sais plus trop.

Si j'avais eu d'avantage de discipline je serais resté dans la Légion Etrangère. Mais faire la guerre pour d'autres, obéir, et qui plus est pour l'intérêt de quelques puissants...quelle gloire à cela ?

Photographe solidaire

Si mes collaborateurs me qualifie souvent de "photographe d'instinct" , je suis avant tout, de mon aveu un "photographe solidaire" et solitaire bien entendu. Ni voyeur, ni chasseur, ni chroniqueur, ni historien, autodidacte en photographie comme dans ma lecture du monde, j'ai appris la photographie sur le tas en...photographiant ! Sans fioriture, sans baratin, sans protocole, sans concession, simplement, mais avec l'aide de la lumière, car « La lumière fait parler les êtres et les choses. » Vivre l'image comme une aventure qu'il faut oser, c'est ainsi que j'ai construit ma vie, tantôt en réinterprétant le réel tantôt en s'en faisant le témoin authentique. Recevoir l'instant, saisir le mouvement sans toutefois en figer l'émotion, voilà mon style.


Voyager pour se connaitre

Certains dirons qu'il n'est nul besoin d'aller à l'autre bout de la planète pour se découvrir, c'est vrai ce n'est pas une obligation, mais c'est une ouverture qui nous permet d'embraser la complexité du monde dans lequel nous vivons et prendre conscience de sa globalité afin de mieux comprendre notre petit monde de tous les jours, notre vie ordinaire. (Travail, relations humaines). PENSER LOCAL POUR AGIR GLOBAL. Le voyage permet de mieux appréhender son fonctionnement de l'intérieur. L'être humain est universel. Il est dominé comme tout ses autres freres du regne animal par les mêmes instincts, territoriaux, sexuels et hiérarchiques. Des petites vérités qui dérangent, mais quel mal au fond ? Le mal c'est justement de ne pas accepter les choses tel qu'elles sont. Le grand Voyage, celui qui rend libre, est une invitation à la découverte de soit et des autres. Voyager pour se connaitre. Voyager pour témoigner, apprendre, échanger, enfin voyager pour partager et transmettre. Pour moi le voyage est une respiration, une nécessité et un doute. Il me faut partir...et revenir pour rapporter aux miens et autres, ceux de chez moi, la France. Ainsi va ma vie. Mais la vie n'est elle pas un éternel voyage et un éternel recommencement ?


Voyager c'est changer le monde

Etre en mouvement constant est un style de vie. Ce style de vie semble révolutionnaire, il répond pourtant à un instinct primordial et il est une réminiscence de notre passé de nomadisme. L'homme est fait pour le mouvement, marcher d'abord (et surtout). Se déplacer pour trouver de quoi subsister. Se déplacer pour échanger. Se déplacer pour travailler. Aujourd'hui pouvoir voyager n'est l'apanage que des plus riches. Il demande des ressources, une organisation et des sacrifices. Voyager c'est rencontrer, et les rencontres sont autant de voyages intérieurs, et voyager intérieurement...c'est changer le monde.

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Phnom Penh - Kingdom of Cambodia

Texte par N.Quentin - Asia Pix

semi-overcast 35 °C

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Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

Phnom Penh. Four à ciel ouvert. Éden carbonisé par la saison sèche, comme il fut jadis arrosé de Napalm par l'oncle Sam. Le Tonlé Sap cobra endormi le long de ton flan attend sa résurrection prochaine, à la saison des pluies, ou là poussière se muera en boue. Tes artères sont traversées de moto funambules familiales, et à chaque carrefour un policier guette la moindre occasion de salaire. Karma police, mafia police. Tes veinules sont squatées par les marchands ambulants et tissées de file de joie et de fille de soie déambulantes aux courbes suaves et rapaces, dévoreuses d'oisillons frits, fumeuse de glace, croqueuses de carapace. On t'aime...un jour, quelques jours, toujours. Déesses ocre et sang, Déesse Khmer, tu fais la putain auprès des vieux pachydermes d'occidents pendant que ton frère danse dans la poussière poings et mâchoires crispées : il boxe. Il cogne pour survivre. Le Boxeur d'Angkor travaille ses gammes auprès de ses frères de poing. Solidaire, coude à coude. Soudés. Dessoudé. Coup de coude. Coup pour coup. Recousu. Pugiliste de misère, raboteur d'arcade, cogneur de l'ombre, assassin souriant. La mort est chic ce soir. Focal sur le ring. Ton jour de gloire, sa nuit démarre. Il a perdu, tu as gagné. Vase communiquant. Vases en porcelaine au milieu du ring, trophées. Ballerine assassine. Muscle à canon. Brève existence endolorie. Sponsor whisky, pour oublier. Dieux du ring oubliés. Cambodge réveille toi ! Reprend ton destin en main !

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Décharge de Stung, les enfants fouillent la montagne d'immondices et foulent les flaques de cancrelats, pendant qu'un carrosse Lexus trace un boulevard de boue. Tes infirmes traînent leur moignons dans le serpent caniveau, implorant une poignée de dollars...témoins muets des membres des plantations de mines. Phnom Penh tes lacs sont assoiffés pour construire des palais de jeux hasardeux tandis que tes poumons de verdures sont transformés en pierre. Le progrès mondialiste. 
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Balais de mouches vengeresses, chinois malaisés, malaysiens promoteurs, vendeur de cauchemars US, touktouk à l'affut. Des couples de hippies oisifs viennent s'enivrer de tes effluves nauséabonds que le parfum du chanvre recouvre. Orussey Market, un vampire ponctionne méthodiquement au puit de l'aorte le sang de volatiles à l'agonie, avec une attention particulière à ne pas tuer l'animal tout de suite. Boules de plumes transies par le froid de la mort patiente, dans le souffle brûlant du marché aux tôles ondulées. Des Ong ponctionnent méthodiquement le sang du royaume chuchoté. Chut. Le cliquetis du ciseau de la coiffeuse arrête le temps. Une liasse de crain se pose sur le dallage, le temps repart.  Une matrone Khmer jette dans l'étable ses découpes de charognes aux salmonelles et de poissons cyanurés. Amoncellement de fruits d'Eden, mangues tentatrices, rambutans rebutants, durian aux effluves fromagères, puanteur prodige, doux cadavres capiteux. Un chauffeur de toutouk avale sa rancoeur au milieu d'une lampée de Redbul. S'il ne crève pas d'un accident de la route ou de solitude, il succombera de la morsure lente du diabète. Les membres engourdies, demain tout ira mieux ? Cerveau anémié par la privation tandis qu'au coin de la rue un néo-côlon prépare son cancer du côlon en avalant son hot dog à la viande de cador d'élevage. 

Phnom Penh vacille entre décadence et gloire passée comme l'ambassade de france vestige décoratif qui ne fait pas grand chose pour ses ressortissants.

La nuit tombe comme un couperet sur Phnom Penh et avec sa cohorte de gueules burinées sur le grille de l'enfer Asie, arrosées de tords boyaux de riz et de palme. Palme de la noirceur dissimulée par les dragons néons filandreux de la rue Pasteur. Ironie de l'histoire, les amibes et germes pullulent. Fils et filles des bas fonds et d'une nature vénéneuse, enfants de génocidés et anciens bourreaux réunient pas le silence d'une monarchie d'apparat. Monsieur le premier ministre, ennemi du peuple super star, ta gueule de cador décore les horloges en toc made in china. Tu as du confondre bureau avec palais. Tu es trop hype quand tu déboules dans la rue avec ton escouade de motards ninja. Moucheron superpuissant à l'oeil de cristal, tu as plus de pouvoir que notre tâcheron national. Il y a quelque chose de pourris au royaume du Cambodge.

Phnom Penh je ne t'en veux pas, tu m'as offert ton cœur noirci et l'énergie de repartir vite en quête d'autres mondes...

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Prime minister Hun Sein office

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Old stadium swimming pool

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Orussey market

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Le Boddhisatva de Phnom Penh

Le martini

sunny 35 °C

A l'entrée d'un coin malfamé ou vieux quidams bedonnant et professionnelles de l'amour désabusées se rencontrent (ou pas) je croise un pied beau , nain, laid, difforme, qui trône au milieu des cerbères de sécurité et du staff. Une image de farewest asiatique, un clin d'oeil de la diversité d'un peuple aux antipodes de nos modes de vie. Il me sourit tapis dans l'oeil noir du caniveau. À cet instant c'est comme si son sourire avait déverrouillé cette cuirasse sociale que nous portons en toutes circonstances au milieu des autres. Sa beauté  et sa joie de vivre m'ont vaincu. Comme cet être peut il rayonner ainsi malgré les affections de sa condition et ce malgré l'existence impitoyable du peuple Khmer ? Il nous rappel à nous bien portant quelle chance nous avons d'être beau, mais comme nous sommes laid parfois dans notre assurance et nos convictions. Sa beauté complétait la mienne, son sourire me guérissait de ma perdition et de mes ténèbres. Une lanterne au coeur de la nuit. Peut être est cela le boddhisatva, celui qui libéré enfin des entraves de l'existence revient nous montrer la joie, élémentaire et simple. Parfait de simplicité et de dénuement. Cet être immense de beauté qui témoigne dans son handicap de la beauté du monde dans un petit monde qui a connu la sauvagerie la plus absolue ou vieillards, femmes et enfants étaient massacrés à coup de pelle dans la nuque parce qu'un officier Khmer rouge trouvait que les balles revenaient trop cher...

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Rencontres à Sihanoukville - Cambodge (2012)

Rencontre du troisième type...

35 °C

Comme dans toute société traditionnelle, pour avoir des relations sexuelles avec une femme il faut soit être son mari, soit avoir des relations tarifées et réquenter des prostitués. Dans la société cambodgienne plus qu'ailleurs nous sommes dans un système traditionnel et les relations hors mariage sont proscrites. Mais bien décidé à faire des rencontres féminines je me met en marche en direction de la plage dans les lieus récréatifs de la plage de Sihanioukville ou jeunesse occidentale et Khmer se côtoie. Premier soirée j'arrive accompagné de deux compagnons bretons rencontrés à la ville frontière de Koh Kong. Fraîchement débarqué sur la plage...une jolie cambodgienne m'aborde, je l'invite à se joindre à nous pour aller danser. Elle est anormalement mince, et je comprendrais par la suite qu'elle se drogue. Puis une de ses amies la rejoins. Elle me plaît bien, elle a 21 ans, elle est pétillante et comme moi elle aime se déhancher. Je commence à l'aborder et la charmer. Ces rencontres faciles et inopinées me laissent sur mes réserves.  Mes bretons se trouvent des gos et nous décollons pour un bar avec une piscine l'"Utopia". Je pique une tête avec ce que je crois être ma futur conquête. Et pendant un moment d'absence un de mes compagnons fricote avec elle.  Pour moi c'est sur...la belle ira se faire reluquer ailleurs. Finalement nous rentrons vers notre Guesthouse et je congédie et remercie la première fille, qui visiblement prend très mal le fait de ne pas passer la nuit avec moi. Étrange pays ! Le lendemain JB le breton m'explique que la belle lui demanda 15$ pour sa compagnie. Je comprend à ce moment là que nous avons à faire à des prostitués free-lance, qui choisissent leur client par affinité et tranche d'âge. 

Deux jours plus tard je retenterais l'expérience seul cette fois ci (éliminant ainsi toute concurrence parasite). Je suis réputé pour mes pas de danse et je croise tout à coup le regard d'un ange. Fracture net des mirettes. Allez on s'affole pas, on l'aborde, on amorce la danse nuptiale, on verra bien. On accroche bien et ça dure une demi heure avant que je lui propose d'aller admirer la voûte étoilée sur la plage. La on se rapproche encore, je la décolle du sol et la pose sur mes genoux. Elle a les cuisses et les hanches très fermes c'est sur c'est une poule labelisée je tiens le gros lot ! Et alors que je parle d'aller me coucher elle me balance : "How much you pay ?" Diable ! Toutes des putes ? Payer une jolie fille rencontrée en boîte de nuit n'est pas dans mes principes. D'autant plus que je me donne toujours un peu de mal, donc pour moi c'est mérité. La je suis face à un choix cornélien : rétribuer mademoiselle et rentrer avec ou...rentrer seul la queue sous le bras ! Le choix est vite fait. On se met d'accord pour 10$. Ça tue un peu le charme de la rencontre. Soupire. Mais elle est tellement canon que j'en suis...boulet ! Elle embarque derrière moi sur ma moto et nous décollons pour ma Guesthouse. Il faut passer à la douche. Elle ne veut pas se joindre à moi, de la pudeur probablement. Après sa douche et tandis que je brique mon corps de Millon de Crotone elle m'attend lascivement dans mon lit. Quand je l'a rejoind elle me demande d'éteindre la lumière, encore de la pudeur pensais-je. Pour un peu j'allumerais bien un cierge avant de chanter le cantique de la pute romantique. Je l'embrasse et admire sa magnifique paire de loche, anormalement disproportionnée pour une asiatique. J'ai bizarrement de moins en moins de feeling, pire je suis envahi d'un désagréable pressentiment...et si cette créature n'était pas ce qu'elle renvoie ? C'est à dire une jeune et jolie jeune femme. Je veux en avoir le cœur net..."are you lady boy" ? "yes i'm lady boy sorry !" Un trav' !!! Une femme à bite noooooooooon ! "I can make you happy !" me lance t'elle comme une formule magique. Une formule magique qui ne prend pas...je ne suis pas adepte de ces bizarreries de la nature, même si je respecte. J'ai le choix entre lui décrocher la mâchoire d'un coup de coude ou la congédier gentiment. J'opte pour ma seconde option et grand con que je suis je lui glisse quand même un billet vert par ce que voilà le quotidien d'un "lady boy" dans une société hyper traditionnaliste ça doit pas être évident. Et oui ça n'arrive pas qu'aux autres et ca arrive même aux meilleurs d'entres nous. Cela me servira d'exemple. La prochaine fois je met la main au panier afin de m'assurer de ne pas faire une rencontre du troisième type. 

Au Cambodge quand tu veux faire des rencontres tu as affaire à des putes ou des trav'. Des putes ou des trav' il faut choisir !

J'ai fais la rencontre d'une française, animatrice sociale dans le 93. Elle s'envoie en l'air avec des cambodgiens et ça le lui coûte rien. La bonne affaire !  Le dernier en date un chauffeur de Touk Touk l'a même demandé en mariage. Forcément une occas' comme celle là n'arrive pas tout les jours. ;)

Je repars danser les autres soirs, mais cette fois là j'envoie paître toutes les belles qui gravitent autour de moi. Yen a une qui insiste. Je fais mine de l'ignorer mais un moment c'est plus possible. Nous dansons ensemble, mais je lui dis finalement au revoir aimablement. Celle là n'aura ni ma queue ni ma maille. Je la revois le lendemain puis le surlendemain. Ça devient une copine. Je me sens un peu chaud ce soir la. Je commence à la draguer, l'embrasser dans le cou..je dérape un peu malgré le fait que je lui avais dis que je ne cherchais rien. Nous partons fouler la plage afin de nous livrer un peu l'un à l'autre et de comprendre pour ma part qu'il elle est exactement. C'est plutôt une belle femme mais elle n'est pas toute jeune. Elle m'explique qu'elle ne se prostitue pas qu'elle profite des festivités du nouvel an Khmer pour se changer les idées. Elle me fait comprendre que le premier soir ou  jetais parti après lui avoir dit au revoir elle s'était senti triste. Elle m'aimait bien. En fait je comprend qu'elle cherche des amis. Je ne suis pas très à l'aise pour avoir des amies filles, j'ai plutôt envie de leur grimper dessus, mais j'avoue qu'avec elle je peux passer outre l'attirance physique. Déjà elle a au moins 40 balais, et en plus je fréquente une autre femme actuellement. Elle m'invite chez elle au centre de Sianoukville, dans une habitation très modeste, qui s'apparente à une cabane en bois. Elle est fier de me dire qu'elle est propriétaire et qu'elle possède 3 scooters qu'elle loue. Son hospitalité est touchante, et ce qui m'était apparu comme une "proposition" ne l'est pas. Elle est séparée et je crois comprendre qu'elle sort d'une déception amoureuse. Je la verrais bien avec un barraing  (étranger) de son âge. Je cesse donc de la peloter et de faire mon mauvais garçon. Je souris je suis heureux et chanceux : pour une fois que je rencontre une personne qui n'en a pas après mon argent. En fait je viens de me faire une amie, et pour le voyageur habitué aux éphémères rencontres c'est assez rare...

Posté par Photo baroudeur 16:45 Archivé dans Cambodge Tagué sunsets_and_sunrises people parties cambodia asia photographer sihanoukville cambodge prostitution ostro freelens ostro_n.quentin ostro_quentin photo_report photoreport travelling_around_the_world mama_san Commentaires (2)

Les Enfants du Cambodge

Une ONG française au Cambodge

sunny 30 °C

Enfants du Cambodge - Koma Kampuchéa - A french NGO in Cambodia

Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

Apres l'effondrement du régime Khmer et l'arrivée de l'Apronuc (Autorité provisoire des nations unies au Cambodge) , les ONG poussèrent comme des champignons. Les ONG servent bien souvent l'intérêt des pays donateurs en priorité. Une réminiscence ou une résurgence subtile du colonialisme dirons certain. Que doit on penser des grands groupes de textiles de la planète qui prolifèrent en créant moult ONG (ONG pas usines) sur la fabrication de la soie ou sa confection ? La bonne affaire n'est ce pas. Beaucoup n'étant là que pour profiter du marasme ambiant, les cadres de ses structures bénéficiant de voitures de luxe (la fameuse Lexus), de villas coloniales confortables, bonnes à tout faire, etc, etc, grâce à la contribution des bons samaritains occidentaux tandis que les cadres Kmers touchent leur commission. C'est quelque chose que j'ai constaté sur le terrain. Si cela apparait comme un stéréotype, il faut bien admettre qu'il y a heureusement des ONG honnêtes comme c'est le cas d'Enfant du Cambodge. Les entreprises capitalistes chinoises ou thaïlandaises implantées dans le pays ne cachent pas leur desseins économiques au moins. S'il faut dénoncer cela, il serait dommage d'occulter le travail de ces ONG sérieuses qui livrent un travail admirable afin d'améliorer le sort des plus démunis sans sombrer dans l'assistanat, même si si progressivement ce fléau occidental tend à gagner les pays pauvres. Dans le lot citons Pour un Sourire d'Enfant (PSE), friends, Pédiatre du monde (PDM) ou Enfants du Cambodge, structure jeune et modeste mais loin des "magouilles" des ONG, pardonnez la formule, véritable "mouches à merde".

Nous avons demandé à Guillaume Loisel, bénévole français auprès d'Enfants du Cambodge dans l'antenne de Sianoukville, ville littoral du Cambodge de bien vouloir répondre à nos questions.
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Présentation de l'Ong

Association humanitaire engagée dans le parrainage Enfants du Cambodge vient en aide aux enfants mal nourris, les soignent, leur assurent éducation ou apprentissage et les accompagnent dans l'entreprenariat humanitaire jusqu'à ce que, à leur tour, ils viennent en aide à d'autres filleuls. Le soutient éducatif et scolaire est un des piliers de l'action. Des sorties en centres aérés sont également au programme.
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Année d'existence, fondateurs, impulsions ?

Enfants du Cambodge est une Organisation Non-Gouvernementale francaise qui a germé en 2003 sous l'impulsion de Philippe Broalit 45 ans. Magistrat Français et professeur de droit il est marié à Nary une khmer qui a vécu 7 ans dans l'orphelinat de Phnom Penh, et donc qui est personnellement impliquée dans le processus. Quand à la motivation de Philippe Broalit, elle provient du jour ou après avoir vu des gamins malades de la faim, il est intérieurement interloqué et se demande ce qu'il peut faire pour changer cela. Les Enfants du Cambodge sera la réponse.

Quel type de structure ?

Une structure classique de type pyramidale. Philippe Broalit, président et responsable d'antenne, sa femme vice-présisente et 5 salariés Khmers permanents. Ensuite les bénévoles - Le bureau en France est composé de 5 bénévoles. Au Cambodge l'association varie entre 3 jusqu'à 10 bénévoles intérimaires sur le terrain en fonction des tâches et des priorités définies.

Fonctionnement des parainages

Le fil conducteur est basique : un parrain, un filleul. Le parrain suit son filleul sur le long terme de la naissance jusqu'à la majorité de l'enfant. La volonté d'Enfants du Cambodge est de mettre en place des suivis qualitatifs ce pourquoi un filleul ne peut avoir qu'un seul parrain. Et ce également, par soucis de transparence.
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Soutient et partenaires ?

Ce sont majoritairement des partenaires locaux indigènes tel que les écoles de Sihanoukville.

Financement ?

C'est le travail des bénévoles qui permet l'aventure possible. Le financement à proprement parlé s'effectue par parrainage européen. Francais, Belges et même Anglais. Le vœu de l'association est que des cambodgiens aisés puissent aider les leur. 100% des dons affectés aux missions. Seuls les personnels des missions locales sont rémunérés, tous les autres (administrateurs, membres du bureau, cadres de l'association) sont bénévoles.

Pouvez vous illustrer par un exemple approfondi et concret d'une de vos actions ?

Premier dimanche de chaque mois : journée des filleuls, ou chaque personne de l'association au Cambodge s'implique bénévolement. C'est un moment de reunion, de rire et de partage. Durant cette journée repas et activités sont organisés et se finissent traditionnelement par une distribution du riz. On procède à l'ouverture du courrier et à la réception des cadeaux reçus des parrains/marraines.
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Quel est le rapport d'enfant du Cambodge avec la population ?

Rapport chaleureux avec le sentiment de relations s'élevant au delà d'une relation reposant uniquement sur le don de riz mensuel, le but n'étant pas de rendre les populations dépendante de l'aide mais d'instaurer une relation durable permettant de mettre en place des solutions pour améliorer le quotidiens. Nous souhaitons les accompagner dans leur vie quotidienne et garantir leur avenir.

Comment perçoivent ils vos actions ?

Il faut reconnaitre qu'iIs ne sont pas ouvertement reconnaissant, c'est une autre culture. Evidement ils ne sont pas hostiles. Ils prennent ce qu'on leur transmet.

Quelles sont leurs réticences ? Quels sont leurs espoirs ?

Pas de réticence particulière. Ils nous sollicitent grâce au bouche à oreille.
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Le problème de la faim se pose t'il au Cambodge ?

Oui sans ambiguïté. Mais la tendance s'oriente d'avantage vers la malnutrition que la sous-nutrition alors que paradoxalement ils ont des aliments de qualité, même si au niveau sanitaire et du point de vue de la conservation des aliments c'est souvent une catastrophe.

Quelles sont les difficultés que rencontrent les enfants au Cambodge ?

Une alimentation inadéquate et souvent insuffisante, mais également des problèmes sanitaires. Peu d'enfants sont épargnés en jeune âge par une affection diverse. Les difficultés s'accentuent généralement en zones rurales, l'accès à l'éducation par exemple étant plus compliqué.
On rencontre aussi ce que l'on pourrait qualifier de problèmes de conscience et particulièrement un problème culturel imputable au lavage de cerveau opéré par le régime khmers rouge. Il existe un trou dans l'histoire des Khmers, un grand vide, qui ne les aident pas pour se structurer, sans oublier la corruption et le fait que les cadres de l'état sont les anciens Khmers rouges. L'analyse de la situation reste complexe. Il ne faudrait pas non plus faire de comparaison avec nos modes de pensées. De plus la plupart encore une grande France de la population est hermétique au dialogue. Seul le temps permettra de sortir du mutisme.

De quels moyens d'actions disposez vous ?

Divers contacts aux ministères de la santé Khmer à Phnom Penh avec lesquels nous avons des contrats et des engagements. Comme par exemple les carnets de santé. Nous disposons également de bâtiments prêtés ou loués. Deux bâtiments une crèche + l'infirmerie. Une école française, payante à hauteur de 150€/mois.
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Comment lutter efficacement contre la malaria ?

zone 3. Ce sont d'autres associations d'orientations sanitaires. Nous ne nous en occupons pas. Mais si nous avons echos qu'un de nos filleuls est malade alors nous le prendrons en charge.

Avez vous des pressions des mafias locales ?

Nous ne brassons pas d'argent donc il n'y a aucune raison de s'intéresser à nous. On sait qu'elles existent mais nous savons nous adapter et à ce jour nous ne rencontrons pas de problèmes particuliers à ce niveau là.

Pédophilie ?

Personnellement nous n'avons pas rencontré ce cas de figure ici. On sait qu'elle existe encore au Cambodge mais ce que l'on sait moins c'est que la grande majorité des pédophiles ne sont pas le profil qu'en dresse volontiers les médias européens dans un soucis de sensationnalisme. Elle est exercée majoritairement par les cambodgiens eux mêmes. D'ailleurs c'est propre à l'Asie en général. Mais attention nous ne disons pas que les cambodgiens sont des pédophiles. Les dérives existent c'est tout. Nous n'avons heureusement pas besoin d'intervenir car nous n'avons pas de cas recensés avec les enfants avec lesquels nous travaillons.
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Nary et son mari ont créé cette association pour permettre à des familles françaises de parrainer un enfant du Cambodge.

Ainsi, quand une famille européenne prend en charge l'avenir d'un enfant, celui-ci est soigné, nourri et éduqué. Plus grand, il pourra accéder à l'apprentissage et entre dans un programme d'entrepreneuriat humanitaire.

Chaque filleul échange régulièrement avec son parrain ou sa marraine, par des photos, des lettres, des dessins, des mails... Les parrains sont accueillis sur place quand ils viennent visiter leurs filleuls, séjourner au Centre d'Accueil de Sihanoukville ou à l'orphelinat, ou encore participer aux missions.

Conclusion

Il n'y a pas de conclusion. Enfants du Cambodge, prouvent qu'il existent des actions concrètes et indépendantes d'apporter des bases solides pour améliorer la santé et l'éducation des plus démunis au Cambodge. Le temps et la patience, le travail, la clairvoyance, la transmission sont les meilleurs alliés de ceux qui souhaitent humaniser le monde.
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Juin 2012

Un grand remerciement à Guillaume Loisel qui a prit le temps d'apporter son éclairage sur la question et avec lequel nous avons eu une réflexion profonde et constructive. Crédit photo : Ostro N.Quentin et ASIA PIX

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Posté par Photo baroudeur 16:00 Archivé dans Cambodge Tagué people children cambodia phnom_penh asia photographer sihanoukville malaria ngo asie cambodge enfants photoreporter ostro_quentin photo_report photoreport ong enfants_du_cambodge koma_kampuchéa guillaume_loisel humanitaire asia_pix philippe_broaly sourire Commentaires (0)

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